Bonjour, souhaitez-vous découvrir l’histoire de l’abolition de l’esclavage à la réunion et comprendre pourquoi le 20 décembre demeure une date si essentielle dans la mémoire de l’île ?
Cet article retrace les événements majeurs liés à l’abolition de l’esclavage à la réunion et son importance dans la mémoire collective.
À travers six textes complémentaires, il propose une vision claire, bienveillante et passionnée de cette période charnière, afin de mieux comprendre l’héritage culturel et historique qu’elle a façonné.

Le 20 décembre 1848 : une date fondatrice dans l’histoire de la réunion
L’arrivée décisive de Sarda Garriga à la réunion.

L’arrivée de Sarda Garriga le 20 décembre 1848 marque un tournant majeur dans l’histoire de la réunion, car c’est à partir de ce moment que l’abolition de l’esclavage devient effective sur l’île.
Sa mission consistait à appliquer officiellement le décret signé quelques mois plus tôt par Victor Schœlcher, mettant ainsi fin à un système qui avait profondément marqué la société réunionnaise.
En proclamant la liberté de plus de 60 000 personnes, Sarda Garriga ouvre une nouvelle ère, porteuse d’espoir et de reconstruction pour toute une population longtemps réduite au silence.
Cette journée, devenue symbolique, rappelle combien la liberté fut conquise au prix d’une longue attente et d’un profond courage collectif.
Le décret d’abolition de 1848 : un texte historique fondateur.

Le décret d’abolition signé le 27 avril 1848 par Victor Schœlcher représente un acte législatif courageux qui transforme durablement le destin des colonies françaises.
Cependant, son application dépendait de la présence d’un commissaire de la République, rendant la proclamation effective à des dates différentes selon les territoires.
À la réunion, cette attente trouve son aboutissement le 20 décembre, transformant le texte en réalité vécue par des milliers d’hommes et de femmes.
Ce décret, au-delà de sa portée politique, incarne aujourd’hui encore un symbole fort de justice et d’émancipation dans la mémoire réunionnaise.
La Fèt Kaf : célébration de la liberté et de l’identité afro-créole.

La Fèt Kaf, célébrée chaque 20 décembre, permet de rendre hommage aux ancêtres affranchis et de célébrer leur héritage culturel.
Cette journée fériée rassemble toutes les générations autour de musiques, de danses et de récits qui perpétuent la mémoire de ceux qui ont vécu l’esclavage.
Elle invite à reconnaître la richesse afro-créole qui façonne l’identité de la réunion et rappelle l’importance de préserver ces traditions vivantes.
À travers cette fête, l’île continue de transmettre un message de solidarité, de respect et de reconnaissance envers son histoire et ses racines.
Une abolition progressive dans les autres colonies françaises.

L’abolition de l’esclavage n’a pas eu lieu simultanément dans toutes les colonies françaises, chaque territoire connaissant une date propre d’émancipation.
La Martinique l’obtient le 23 mai 1848, la Guadeloupe le 27 mai, la Guyane le 10 août et Mayotte en 1849, montrant la diversité des contextes politiques et sociaux.
Ces décalages révèlent les enjeux administratifs de l’époque mais soulignent aussi l’importance du 20 décembre pour la réunion, qui ancre alors son histoire dans une dynamique plus large d’émancipation.
Comprendre ces différentes dates permet de replacer l’île dans un ensemble colonial marqué par des combats multiples menant à un même objectif : la liberté.
Les 60 000 affranchis : naissance d’une nouvelle société réunionnaise.

L’accès à la liberté pour plus de 60 000 personnes en 1848 bouleverse profondément l’organisation sociale et économique de la réunion.
Après des décennies de travail forcé, de nombreuses familles se retrouvent libres mais confrontées à la nécessité de reconstruire leur vie dans un contexte nouveau et incertain.
Ce moment marque néanmoins la naissance d’une société métissée qui s’enrichit de nouvelles dynamiques culturelles, familiales et communautaires.
L’émancipation ouvre ainsi la voie à une identité réunionnaise plurielle,nourrie des apports et des résistances de ceux qui ont traversé cette période.
Le 20 décembre : une mémoire toujours vivante et essentielle.

Aujourd’hui, le 20 décembre demeure l’une des dates les plus importantes du calendrier mémoriel réunionnais, rappelant l’abolition et les luttes qui l’ont rendue possible.
Cette journée invite à réfléchir à la valeur de la liberté et à l’importance de transmettre l’histoire pour préserver les liens entre les générations.
Elle renforce également le désir collectif de reconnaître pleinement l’héritage africain et créole qui constitue une part fondamentale de l’identité de l’île.
En célébrant cette date, la réunion affirme chaque année que la mémoire est un pilier indispensable pour comprendre son passé et construire son avenir.
À bientôt. Prenez bien soin de vous et portez-vous bien.


